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Les causes des échecs des intégrations régionales en Afrique

juillet 1st, 2010 by e-services

                  En 1962, alors que la décolonisation de l’Afrique subsaharienne venait pratiquement de s’achever, le géographe René Dumont écrivit un livre intitulé “L’Afrique est mal partie”.A cette époque, l’Afrique a ressentie la nécessité de se doter d’une organisation intergouvernementale. Ainsi naissait l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A) en 1963 qui réunissait l’ensemble des pays africains (pays ségrégationnistes exclus) sur le mode de la coopération intra-gouvernementale et siégeant à Addis Abeba. Lors de cette rencontre, les thèmes abordés furent le non alignement, la solidarité panafricaine, la préservation de l’intangibilité des frontières et la condamnation du colonialisme et de l’apartheid. Des lors, en tant qu’organisation continentale, l’OUA devient un forum efficace qui permet à tous les    Etats membres de se saisir des questions liées au continent. Au fil des décennies, de nombreuses organisations régionales voient le jour dans les quatre coins du continent. Le « péché originel » de toutes ces organisations fut le manque d’un « principe de conditionnalité » qui aurait pu servir de moyen de contraintes vis-à-vis des nouveaux entrants. Au contraire les organisations régionales ont préféré opter pour une politique d’adhésion la plus vaste possible et ouverte à tous les États africains. Le bilan sur l’intégration africaine est plus que mitigé, d’aucun parle même d’un constat d’échec.Problematique Pourquoi les processus d’intégration économique en Afrique piétinent alors que le processus est amorcé depuis des décennies ? Pourtant au vue de la situation économique mondiale, l’intégration semble être la seule voie d’issue pour le développement du continent. Il serait illusoire de croire que chaque pays africain procédera tout seul à son développement. Mais il convient de noter aussi que développement ne signifie pas foisonnement des organisations régionales. I.  Les obstacles allant à l’encontre de l’intégration en AfriqueA.L’instabilité politique et sécuritaire chronique Le continent africain constitue sans aucun doute avec l’Amérique du Sud la zone la plus instable du globe. Depuis les indépendances, l’Afrique a été le théâtre d’affrontements et des conflits interétatiques ou civils. De 1974 à 2003, la documentation française a répertorié  environ 29 conflits sur l’ensemble du continent. En 2004, L’Union Africaine (U.A) avançait le chiffre de 14 pays en guerre ou vivant une situation précaire d’après guerre. Sur la période 1990 à 2007, l’Afrique a connu une vingtaine  de conflits (la crise ivoirienne, la crise en République Démocratique du Congo (R.D.C), le génocide rwandais, la crise au Somalie etc.)L’Afrique bat tous les records, les indépendances acquises, ce fut alors le temps des dictateurs et des coups d’Etat à répétition. On a répertorié 73 putschs réussis entre 1952 et 2004 (sur plus de 200 tentés).  L’Afrique de l’Ouest totalise à elle seule, 35 coups d’états entre 1960 et 2006. Environ 101 chefs d’Etat ont quitté le pouvoir par la force dans les quarante années qui ont suivi les indépendances.  Ces coups de force ont poussé les pays européens  a ajouté à la quatrième Convention de Lomé en1995, l’article 366 bis, qui est une clause de non exécution des partenariats entre l’Union Européenne (U.E) et les pays Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) en cas de manquement aux règles de l’Etat de droit. Cette disposition conditionne L’aide à la mise en place d’une démocratie.Devant cette instabilité politique qui a des conséquences désastreuses sur l’économie des Etats, il est difficile d’envisager le dynamisme des regroupements régionaux. Concernant le conflit au RDC, à la fin des années 90 on a parlé de « guerre africaine ». En effet, Sept pays africains sont engagés dans les combats avec deux coalitions s’affrontant  sur le sol congolais. D’un côté, nous avions les troupes gouvernementales de Kabila, les milices rwandaises « Interahamwe », les ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR), les milices tribales congolaises « Maï-Maï », appuyées par l’Angola, la Namibie, le Zimbabwe, et le Tchad et de l’autre, des factions rebelles congolaises, rivales entre elles, soutenues tour à tour selon leurs intérêts par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Ce conflit reflète le mal qui gangrène le continent africain.B.La multiplicité des organisations internationales parfois concurrentesDans leur quête pour l’unité et le développement économique et social sous l’égide de l’OUA, les pays africains ont pris un certain nombre d’initiatives et réalisé des progrès substantiels dans de nombreux domaines. Nous pouvons citer le plan d’action de Lagos adopté en 1980 définissant des programmes et les stratégies  visant à promouvoir un développement entretenu et la coopération entre pays africains. La charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples adoptées en 1981.Le 9 septembre 1999, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA ont adopté une déclaration demandant la création de l’Union Africaine en vue d’accélérer le processus  d’intégration sur le continent afin de permettre à l’Afrique de jouer le rôle qui lui revient dans l’économie mondiale.L’avènement de l’UA est ainsi considéré comme un événement majeur dans l’évolution institutionnelle du continent. L’UA est basée sur la vision partagée d’une Afrique unie et forte et sur la nécessité de bâtir un partenariat avec les gouvernements et toutes les couches de la société civile afin de renforcer la solidarité et la cohésion entre les peuples africains. L’intégration régionale est envisagée comme un tremplin pour atteindre l’unité africaine. Les communautés régionales constituent la première pierre de l’édifice de l’intégration africaine. L’idée est que dans l’ensemble du continent si les regroupements régionaux font preuve d’un dynamisme, dans un ultime processus, nous aurons une seule entité qui regroupera en son sein toutes les entités inferieures déjà performantes.Les Communautés Economiques Régionales (C.E.R) sont censées créer des zones de libre échange, puis des unions douanières et enfin la coordination et harmonisation horizontales aidant doivent mettre en place à terme un marché commun africain.L’Afrique compte quatorze C.E.R et environ 200 organisations intergouvernementales, cette  multiplicité est source de nombreux dysfonctionnements. En effet, La plupart des pays adhérent à deux ou plusieurs blocs régionaux. Les mécanismes d’appartenance à un ensemble régional ne sont pas contraignants. Les Etats ne sont pas soumis à une période de pré adhésion  comme c’est le cas dans l’union européenne ou une période d’observation permet de voir la vitalité de l’économie du candidat. Pour illustrer notre propos nous prendrons l’exemple de la République Démocratique du Congo (SADC,  COMESA, CEEAC)  et du Kenya qui appartiennent à quatre blocs régionaux.Ces appartenances multiples ont pour conséquences un manque d’efficacité de ces organisations et une volatilité des contributions qui paraissent déjà faibles. Les  Etats  doivent contribuer dans plusieurs blocs ce qui conduit à des retards dans la mise en place des programmes.Le financement insuffisant des politiques et programmes d’intégration régionale est une des principales faiblesses du processus d’intégration. A titre d’exemple, la COMESA et  la CEMAC ont vu  leur taux de recouvrement des contributions diminué passant de 100%en 1995 à 54% en 1998. Il n’y a quasiment pas de fonds structurels au niveau des institutions.Le cas de concurrence avérée est retrouvé au niveau du rôle que veut jouer  la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens qui a été créée le 4 février 1998  (CEN SAD) sur la scène continental. Elle regroupe 29 Etats ce qui est étonnant dans la mesure où la bande sahélo sahélien regroupe 12 Etats. La CEN SAD a été créée à l’initiative du Président lybien, elle est reconnue comme C.E.R par l’Union Africaine. Si nous observons le rôle que s’octroie le CEN SAD sur le terrain, on se rend compte qu’elle essaie de faire concurrence à l’Union Africaine. L’article 1 de l’organisation lui donne mandat dans tous les domaines ensuite on y retrouve comme membre des pays comme la République Centre Africaine, le Cap Vert ou les Comores. La CEN SAD S’empare de toutes les questions continentales et son principale « bailleur de  fonds » est la Lybie qui en fait un instrument de diplomatie active face à l’Union Africaine.C.La différence de développement économique entre les EtatsLa majorité des pays africains sont classés parmi les pays les moins avancés du globe. Certains de ces pays sont caractérisés par un endettement extérieur très poussé. Clairement dans certains cas, nous avons des disparités de développement énormes au niveau des potentiels économiques. C’est le cas de l’Afrique du sud avec son voisin le Lesotho ou la Nigéria avec le Togo. On observe une certaine réticence des Etats riche à sacrifier leurs intérêts notamment au profit des objectifs économiques régionaux. Dans une moindre mesure, ils veulent contrôler l’organisation régionale du fait de leur puissance économique. Ces propos sont Illustrés par le « contrôle de la SADC par l’Afrique du Sud, du Nigéria sur la CEDEAO, de la Cote d’Ivoire sur l’UEMOA, le Kenya domine la Communauté d’Afrique de l’Est et le Cameroun sur l’Union douanière de l’Afrique Centrale. Concilier les intérêts parfois contradictoires de pays différents par leur taille, leurs ressources naturelles et leurs résultats économiques semblent difficile surtout pour les « géants africains »Ces différences de développement peuvent expliquer dans un sens le faible taux d’échange intra- communautaire (10%). Le manque d’infrastructure ferroviaires ou routières de qualité ne concourent pas aux échanges entre les Etats alors que les pays voisins devraient être les premiers partenaires économiques.A titre d’exemple, il existe à la périphérie de Porto Novo au Benin  une route de terre qui  peu fréquentée dans la journée est parcourue la nuit par des camions qui se frayent un chemin entre les nids de poule et apportent du pétrole et d’autres marchandises provenant du Nigéria, juste de l’autre côté de la frontière. Aucun  contrôle douanier n’est effectué sur ces produits qui ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles des échanges commerciaux du Bénin. La vente de ces produits permet de répondre aux besoins des consommateurs et la survie de milliers de petits exploitants répartis dans l’ensemble du pays.On déplore dans les faiblesses de l’intégration, le cout élevé de la communication entre les pays africains. En effet, un appel téléphonique du Sénégal vers la France équivaut  à un appel vers le Benin quant au cout. Il en est de même pour les billets d’avions qui sont très élevés entre les villes africaines. Un autre fait symptomatique, le voyageur est obligé dans des cas incroyables de passer par l’Europe pour rallier deux villes africaines. Les hommes d’affaires africains doivent souvent patienter de 6 à 8 semaines avant d’obtenir un visa pour se rendre dans d’autres pays africains. Au fil des ans, malgré la création des nombreuses organisations dans les différentes régions, elles n’ont dans l’ensemble guère contribué à accroître le commerce ou les autres échanges entre pays africains. Dans de nombreux cas, le premier partenaire économique reste  l’ancienne puissance coloniale. II Les solutions à envisager pour renforcer l’intégration africaineA .Une nécessité de bâtir un espace de paix et de sécuritéLe préalable à toute intégration régionale est la paix et la stabilité dans tous les pays africains. En Afrique, tout au long des décennies on a noté différents types de conflits qui freinent la paix. Nous avons les « conflits internes armés » se déroulant à l’intérieur d’un Etat dont les soubassements sont le fait ethnique (Rwanda), le fait interconfessionnel (Nigéria) ou encore le peuple qui se soulève contre une dictature. L’autre type de conflit est celui « inter étatique » qui a opposé le Mali au Burkina Faso ou le Tchad au Libye. Une intégration réussie semble difficile si des Etats dans une même aire géographique connaissent des conflits.On remarque une montée en puissance de l’Union africaine et d’autres organisations régionales présentes sur le continent dans la gestion et la prévention des conflits dont le nombre a beaucoup augmenté au cours de ces dernières années.Le Traité de l’UA vise à doter l’union d’une défense et de sécurité commune.  Dans la gestion des conflits, des Organisations sous régionales sont allées dans certains cas jusqu’à prendre la direction même des opérations de maintien de la paix. C’est l’exemple de l’ECOMOG, la force ouest africaine d’interposition de la CEDEAO déployé au Libéria.Au sud de l’Afrique, La SADC  ambitionne une capacité régionale de maintien de la paix. Véritablement, c’est aux organisations africaines de mettre fin aux conflits qui pullulent dans le continent.  La paix doit figurer au cœur de toute stratégie d’intégration..B.L’urgence  de rationaliser un foisonnement d’organisations qui se chevauchent à l’intérieur d’une même régionLe constat général en matière d’intégration en Afrique ne souffre d’aucune contestation. Le foisonnement de toutes ces organisations régionales nécessitent une rationalisation immédiate pour arrêter la  « prolifération ».Il est urgent de procéder à une réduction  de toutes ces organisations au profit d’une seule organisation par région géographique. L’effet « doublon » a montré ses limites, le résultat est une action  non cordonnée des organisations qui peuvent agir sur un même domaine. La plupart des organisations régionales faute de subvention sont plongées dans une extrême léthargie. En Afrique centrale, on retrouve deux organisations régionales qui jouent sensiblement le même rôle. Il s’agit  de la CEEAC et de la CEMAC, les pays membres gagneraient à en faire une seule organisation pour une plus grande efficacité. En Afrique de l’ouest, l’UEMOA et CEDEAO abondent dans ce sens la  en ayant en ligne de mir une seule organisation à terme. On peut souligner aussi que les pays francophone qui constituent l’UEMOA sont attachés à leur organisation mais une harmonie complète entre l’UEMOA et la CEDEAO afin de garantir un marché économique sous régional unifié est entrain de prendre forme. Un nombre « réaliste » d’organisations permettrait de faire des économies qui pourraient être alloué à des fonds structurels chargés de compenser les inégalités entre les Etats (amélioration des infrastructures).En termes de palmarès des organisations régionales, trois institutions économiques se détachent en tête : UEMOA, CEDEAO et la SADC. La Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL), qui comprend le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo, est la plus mal classée due en grande partie aux conflits intempestifs  qui pullulent la région. De même, les conflits au sein de l’Union du fleuve Mano (UFM), qui rassemble la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, ont aussi rencontré des performances très faibles au départ même si depuis l’arrêt des conflits on a observé une légère progression.  C.La nécessaire  prise en compte du secteur informel et de le société civile Le secteur informel représente plus de 60% des activités intra-communautaire. Il a pris de l’ampleur au point de concurrencer le secteur formel dans les années 70. Pour tenter de définir le secteur informel, c’est l’ensemble des activités économiques qui se réalisent en marge de législation pénale, sociale et fiscale ou qui échappent à la Comptabilité Nationale. Le secteur informel échappe à la régulation de l’état même si on assiste à des tentatives. Ce qui amplifie le secteur informel dans les pays africains c’est l’incapacité de l’état à répondre aux attentes de la population qui pour juguler le chômage se tourne vers l’informel. Pour « imager » notre propos le secteur informel sert de  « bouée de sauvetage » au secteur « formel » ou l’égal .Le secteur informel, en Afrique, a une importance prépondérante à tel point que la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International( F.M.I) l’encouragent jusqu’à insérer ses activités dans les stratégies de développement du continent. Les pays africains doivent de même prendre plus en compte ce secteur et le réguler ou même le « repenser » car il est facteur de développement. Le secteur informel est même trans frontaliers dans certaines aires géographiques. La société civile de plus en plus présente dans les états africains a un rôle à jouer dans l’intégration africaine. Beaucoup d’entre elles œuvrent sur le continent à son développement en s’appropriant des questions majeures comme la santé ou la lutte contre la corruption.ConclusionLe continent africain s’inscrit dans une logique d’intégration régionale à l’instar des autres intégrations mondiales. Un constat d’échec semble inéluctable mais il faut reconnaître aux pays africains leur jeunesse. En effet, ces premières vagues d’indépendances ont commencé à partir de 1960 et se sont poursuivis sur des décennies .L’Afrique a voulu calqué l’Europe en matière d’intégration en plaçant l’intégration économique au premier rang des priorités .La sécurité et la défense étant censées suivre la coopération et l’intégration économique. Il  faut mettre en lumière  qu’en réalité en Europe on a commencé par  la paix et la sécurité .C’est le refus d’une troisième guerre mondiale qui a été le plus puissant moteur pour la paix en Europe.  L’unification européenne commence avec la CECA et l’EURATOM, c’est à dire avec la mise  en commun des moyens de la guerre .Il semble difficile d’atteindre la stabilisation des pays africains par un processus comparable à celui qui a eu lieu en Europe .Une telle solution  n’est pas probable ni souhaitable d’ailleurs .Il ne faut pas oublier que les états européens sont « des enfants de la guerre » et pour reprendre la formule de Charles Tilly « En Europe l’Etat a fait la guerre et la guerre a fait  l’Etat ».L’avenir n’appartient plus à l’Etat  moderne mais à des formes régionales plus large qui sans supprimer  les Etats,  les intègrent dans une entité supérieure. Il faudrait envisager une intégration régionale africaine plus « réaliste », plus ambitieuse  et moins tout « azimut ». Babacar Ndiaye 

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Déclaration du FMI sur l’enquête relative à l’incident intervenu au Sénégal:Seguragate

octobre 27th, 2009 by e-services

Communiqué de presse No. 09/369
Le 26 Octobre 2009A la lumière des récentes allégations relatives à un cadeau offert à un membre du personnel du FMI par les autorités sénégalaises, le Directeur général a demandé au responsable du Bureau d’éthique du FMI, de conduire une enquête indépendante sur cette affaire. Le responsable du Bureau d’éthique a déclaré que, sur la base d’informations fiables qu’il a reçues, aussi bien à l’intérieur qu’ à l’extérieur du FMI, il est arrivé aux conclusions factuelles, résumées ci-dessous. Le responsable du Bureau d’éthique a autorisé le Département des Relations Extérieures, dans un souci de transparence, à publier ce qui suit:

• Dans la soirée du 25 septembre, Alex Segura avait un vol prévu pour Paris à la fin de son séjour de 3 ans au Sénégal comme Représentant-résident. Il a été invité à dîner avec le Président Wade du Sénégal avant son départ. Après le dîner, un cadeau lui a été remis que le Président a décrit comme un cadeau d’adieu.

• A la suite du dîner et en route vers l’aéroport, M. Segura a fait un bref arrêt à la résidence officielle du Représentant-résident pour prendre ses bagages. C’est seulement à la résidence qu’il a découvert que le cadeau consistait en une forte somme d’argent.

• Pendant qu’il était à la résidence, M. Segura a informé la nouvelle Représentante-résidente qu’il avait reçu une somme d’argent. Ils se sont accordé sur la nécessité d’en informer le Bureau d’éthique du FMI. Etant donné que la somme paraissait importante, ils ont décidé que pour des raisons de sécurité, l’argent ne devait pas rester dans la résidence.

• Ayant peur de rater son vol et craignant qu’il n’y ait pas d’endroit sûr où laisser l’argent au Sénégal, M. Segura décida de monter à bord de l’avion avec l’argent.

• M. Segura est parti pour Barcelone, sa destination finale, en transitant par Paris. Contrairement aux informations publiées par la presse. il n’a pas été arrêté ou détenu, ni par les autorités françaises ni par les autorités espagnoles.

• A son arrivée à sa destination à Barcelone, le 26 septembre, M. Segura a compté l’argent, et a déterminé que le montant était de 100.000 euros et de 50.000 dollars américains.

• M. Segura a appelé le siège du FMI ce même jour pour rendre compte de l’incident. Des discussions ont immédiatement commencé sur la manière de rendre l’argent, conformément aux règles du FMI.

• Le FMI a par la suite placé l’argent sous la garde d’une société spécialisée dans la sécurité à Barcelone en attendant que des dispositions puissent être prises pour le rendre. Au moment de remettre l’argent à la société de sécurité, le montant a été vérifié de manière indépendante et sécurisé.

• Il a été décidé que la solution la plus adaptée serait que les autorités sénégalaises récupèrent l’argent à Barcelone. Le Secrétariat du Président du Sénégal a été contacté pour faciliter le transfert.

• Le 6 octobre, l’Ambassadeur du Sénégal en Espagne est arrivé à Barcelone pour récupérer l’argent, qui lui a été remis, après les vérifications appropriées par la société de sécurité.

• M. Segura est par la suite retourné à Washington.

Le Président du Sénégal a confirmé au FMI avoir organisé la remise d’un cadeau en argent à M. Segura. Le Président a expliqué que l’argent avait été remis en guise de traditionnel cadeau d’adieu à M. Segura en reconnaissance de sa contribution au Sénégal, et n’était destiné en aucune manière à influencer ni M. Segura qui quittait définitivement le pays, ni le FMI. Il a reconnu que le montant du cadeau était une erreur.

Caroline Atkinson,

Directrice des Relations Extérieures du FMI

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Bilan de Wade depuis 2000

octobre 26th, 2009 by e-services

Absence de programmes politiques et de lignes directrices  au moment de son accession au pouvoir.

Un nombre record de remaniement ministériel ce qui montre que les gens qui l’entourent sont des incapables (diplômes douteux, aucune expérience, manque de pertinences, problèmes d’expression, aucune phrase sans prononcer le nom de Wade) et lui aussi  mais surtout aucune continuité dans les politiques publiques à cause des changements intempestifs de Ministres.

Le nombre élevé de ministères et le chevauchement des taches, à titre d’exemple le volet internationale est représenté par 2 Ministères (le Ministère des Affaires Etrangères et le Ministère des sénégalais de l’extérieur) ou encore un ministère de l’Agriculture d’un coté et de l’autre le Ministère de l’Elevage). Un pays comme le Sénégal avec des moyens aussi minimes gagnerait à regrouper les Ministères qui ont les mêmes taches et cela ferait des économies.

Wade depuis son accession au pouvoir n’a eu de cesse d’instrumentaliser la confrérie Mouride, en effet, ses déplacements multiples à Touba le montrent. Dois-je rappeler que le Président doit être au dessus des religions et que sa croyance relève de sa vie privée. La religion et la politique doivent être dissociés car en 2000 les sénégalais ont élu Wade et non le Mouride. Mais ce dernier, a très vite compris le poids de la confrérie mouride au Sénégal et l’avantage que peut lui apporter cette mise en avant. Wade connait bien la mentalité Mouride et l’attachement de ces derniers  à Serigne Touba.

Sur le plan économique, le bilan est désastreux, le Sénégal est devenu le plus mauvais élève de la sous région. Le taux de chômage grimpe, le prix des denrées de premières nécessités ne cesse d’augmenter, les sénégalais tirent le diable par la queue entre les coupures d’électricité et d’eau. Chaque jour que Dieu fait est un « casse tête » pour le père de famille face à la cherté de la vie. Pendant ce temps, on assiste au gaspillage des deniers publics sur des projets utopiques (Fesman, Monument de la renaissance) ou des voyages touristiques. Wade ne connait pas les priorités du Sénégal qui un pays pauvre et qui s’engouffre jour après jour dans les difficultés face aux limites de son dirigeant.

Sur le plan institutionnel, on va atteindre le fond si ce n’est déjà fait avec la création d’un poste de Vice Président qui serait une incongruité de plus pour ce juriste de formation. Au sein de l’exécutif on aurait un « tricéphalisme » avec un Président déjà omnipotent, un Première Ministre plus occupé à faire  la tournée des familles religieuses et un Vice Président à qui il faudra définir le rôle.      

 

La question autour de Karim Wade est préoccupante car la prise en charge de l’organisation du sommet de l’OCI fut une rampe de lancement sur la scène nationale et on devine les ambitions du fils. Mais la question que je vous pose  est qu’a fait Karim Wade avant 2000 pour le Sénégal ?

J’irai même plus loin si son père avait perdu en 2000, serait il venu s’installer au Sénégal et nous vendre son concept de génération du concret. Je ne le crois pas mais comme le dit le proverbe « l’occasion fait le larron ».

Aujourd’hui malgré une gestion nébuleuse de l’ANOCI dont le budget s’élevait à plus 430 milliard de fcfa, un bilan avalisé par « la chambre d’enregistrement » que constitue l’assemblée nationale et une défaite retentissante à la mairie de Dakar, le voila propulsé Ministre d’Etat. Chaque jour, la famille Wade pose des actes qui montrent le virage monarchique qu’ils veulent faire prendre aux sénégalais. Karim Wade est aujourd’hui le numéro trois pour ne pas dire le premier ministre bis du gouvernement, d’emblée il a été nommé Ministre d’Etat. Il est aujourd’hui à la tête d’un ministère tentaculaire qui va de la coopération internationale aux transports aériens en passant par l’aménagement du territoire et les infrastructures. Une première au Sénégal, comment expliquer qu’une porte feuille aussi important soit entre les mains d’un seul ministre ? Faut croire qu’être le fils du « Roi » donne un avantage certain et que le Sénégal est redevenu une monarchie.             

Le recul de la Démocratie et les tentatives de museler la presse qui dénonce les dérives alors que Wade est arrivé au pouvoir grâce à cette même presse. La chaine de télévision (la RTS)  est l’outil de propagande du pouvoir, chaque soir le même « théâtre » avec la famille Wade et les membres du gouvernement qui essaient de faire croire aux sénégalais que « tout va bien alors qu’en réalité tout va mal ».

Les deux mandats de Wade ont été émaillés par beaucoup de scandales financiers et son fils est cité dans différents dossiers. Un jour ou l’autre, la famille Wade rendra compte au peuple sénégalais sur la gestion des finances publiques.

        

 

                                                                                                           

                                                                                           BABACAR NDIAYE

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Wade ou la personnalisation du pouvoir

octobre 26th, 2009 by e-services

          Le pouvoir de Wade reflète la personnalisation du pouvoir, voire la patrimonialisation du pouvoir. En effet, Wade  a soumis le Sénégal à une relation de patron client ou tout le monde lui est redevable. Une distribution des deniers publics s’effectue au nez et à la barbe des sénégalais qui restent impuissants face à cette situation. Comment expliquer que le Président puisse se permettre d’offrir  des terrains, des voitures, des billets d’avions pour la Mecque et de l’argent à une partie de la population ?

 On est au cœur même du mal qui gangrène nos sociétés africaines ou les gens ont cette perception que le bien public et l’argent de l’Etat  appartiennent au Président et qu’il en fait ce qu’il veut. On a l’habitude d’entendre que le Président Wade a donné à tel individu une somme d’argent et qu’il est généreux. Mais peut-on parler de générosité quand il s’agit l’argent du contribuable sénégalais !!!

 Ceci est une aberration totale car cet argent est le prélèvement de l’impôt des sénégalais et est redistribuer à la « clientèle » (marabouts, politiciens, artistes) de Wade. Comment expliquer que ces ministres qui avaient du mal à joindre les deux bouts avant l’accession au pouvoir de Wade construisent des villas somptueuses de plusieurs centaines de millions et se mettent à leur tour à distribuer des millions dans les cérémonies et meetings. Très vite il a fait voler en éclat cette notion de dignité chez les sénégalais en mettant en place la recherche effrénée du gain par tous les moyens.

Faut il préciser que le rôle de l’Etat est de construire des hopitaux, des écoles, des universités, des bibliothèques et de veiller au bien être de sa population dans tous les domaines. Aujourd’hui, au Sénégal nous avons un fossé qui se creuse entre des personnes de plus en plus riches étalant une fortune mal acquise et d’autres de plus en plus pauvres. Cette situation est due au gaspillage qui est fait au sommet de l’Etat. Abdoulaye Wade n’a pas le sens des priorités et a très vite montré ses limites quant à ses capacités de gérer le Sénégal.

En neuf ans le Sénégal a perdu sa crédibilité sur la scène internationale alors qu’en soir d’Avril 2000, il montrait au monde qu’une transition pouvait se faire par les urnes dans le continent. Les échéances de 2012 semblent très incertaines et seront les élections de tous les dangers.

Il  semblerait que nous assistons aux derniers délires d’un vieil homme sénile qui a ruiné les chances du Sénégal d’ETRE UN GRAND D’AFRIQUE.

                                                               

                                                                                                       BABACAR NDIAYE

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Révélations : Le patrimoine des chefs d’Etat africains en France

octobre 23rd, 2009 by e-services

Le Monde:    Jeudi 31 Jan 2008

 

Révélations : Le patrimoine des chefs d’Etat africains en France

 

        C’est un monde enchanté où l’on vogue d’une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l’Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d’euros. Un microcosme constellé d’une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d’Hollywood ? Non : chefs d’Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.

Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l’immobilier en France, qu’ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n’est pas une révélation. Mais, cette fois, l’inventaire de ce patrimoine vertigineux n’est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la “Françafrique”. Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour “recel de détournement d’argent public” déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d’Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l’Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.

Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées. Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé “dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d’Omar Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé]”.

La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d’euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.

Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété “est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d’une piscine”, précise le procès-verbal. “Un chef d’Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut économiser suffisamment d’argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me François Meyer, avocat d’Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les prix très bas de l’immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans.”

Selon les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux immenses logements dans le 7earrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant – souvent – par le 16e arrondissement parisien, l’enquête recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-gendre d’Omar Bongo et actuel ministre des affaires étrangères, et d’autres fils du président gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou petite-fille comme Nesta Shakita.

En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d’Etat visés apparaissent comme de petits propriétaires. Discret, le président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait qu’”utiliser”, selon les policiers, la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2 était juridiquement la propriété de son frère Valentin, jusqu’à ce que, quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes.

Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en 2007 pour 2470000 euros par l’épouse du président congolais Antoinette Sassou Nguesso. Ils mentionnent aussi le logement de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils Denis Christel, ainsi que l’hôtel particulier de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d’euros en 2006 par Julienne, leur fille cadette.

Les mêmes policiers n’ont découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d’impôt sur la fortune de Chantal, l’épouse de ce dernier, a montré qu’elle possède deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e arrondissement. Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro Obiang est propriétaire d’un appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l’OCRGDF ont non seulement dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur famille.

Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12 comptes dont 7 courants. Mais aucun n’apparaît au nom de son oncle, le président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11 comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants.

Dans leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui n’était pas explicitement visé par la plainte. Chez les concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce qu’ils n’avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les virements ayant servi aux paiements.

“Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique”, notent les enquêteurs, maniant l’euphémisme à propos de “ce parc automobile conséquent”. Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo, la Maybach à 424 477 euros d’Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million d’euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque.

De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, “règle le solde d’achat d’un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting”, une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme propriétaire de la Villa Suzette du Vésinet.

Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France “une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d’euros”, acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60comptes au nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille.

En fait de “financement atypique”, les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la “paierie du Gabon en France” pour régler la “Maybach 57″ (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur “bleu Côte d’Azur” destinée à “Madame la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba”. A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l’argent public gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du pays, qui n’a pourtant aucune fonction officielle.

Le même compte de la “paierie du Gabon” ouvert à la Banque de France et utilisé pour régler les frais de fonctionnement de l’ambassade à Paris a servi à financer la moitié d’une Mercedes à 75858euros dotée d’un “toit ouvrant panoramique” achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline Bongo, la fille du président, qui est aussi sa directrice de cabinet. Curieusement, le reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque signé de Me François Meyer, avocat du président Bongo. “Cela peut étonner, admet Me Meyer. Mais je peux faire des cadeaux à la fille du président Bongo, que je connais depuis vingt ans.” D’où vient l’argent? Au vu de ce somptueux état des patrimoines, la question de l’origine des fonds s’impose. L’apparente disproportion entre la richesse immobilière accumulée et les revenus publics des propriétaires aurait pu suggérer de poursuivre des investigations dans les comptes bancaires ayant permis pareilles transactions.

 

Le salaire mensuel officiellement versé par l’Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique? Celui du président Sassou Nguesso n’est-il pas de 30 000 euros, comme l’indiquent d’autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l’agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d’après des sources américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l’enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d’une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d’un juge d’instruction, à condition que les plaignants prouvent leur “intérêt à agir”.

Même si un juge d’instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l’immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d’Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l’origine d’éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. “La preuve que l’argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire”, résume un spécialiste du dossier.

Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la coopération, contre le “gaspillage des fonds publics” par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d’éventuels “biens mal acquis” déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine

Auteur: Philippe Bernard   

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LE DELIT DE DIFFAMATION AU SENEGAL

juillet 16th, 2009 by e-services

Le code pénal sénégalais en son article 258, définit la diffamation comme étant

« toute imputation ou allégation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur»

« ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé »

Contrairement  à l’injure, le délit de diffamation nécessite l’existence d’un fait résultant de l’usage d’un moyen de diffusion publique. L’article 248 du code pénal dresse une liste de ces moyens. Il ressort ainsi de ce texte que sont des moyens de diffusion publique,

« la radiodiffusion, la télévision, le cinéma, la presse, l’affichage,»

« l’exposition, la distribution d’écrits ou d’images de toutes nature »

« les discours, chants, cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions»

« publics généralement, tout procédé technique destiné à atteindre le public  »

La loi pénale étant d’interprétation stricte, le caractère privé de l’allégation ou de l’imputation d’un fait attentatoire à l’honneur ou à la considération ne rentre pas dans le champ du délit de diffamation. Cependant, l’allégation ou l’imputation d’un fait attentatoire à l’honneur ou à la considération peut être punie au titre de l’injure non publique conformément aux dispositions de l’article 11- 1°) du code des contraventions.

Par ailleurs, l’article 270 du code pénal prévoit un système de responsabilité en cascade, en ce sens que, lorsqu’un délit est commis par un moyen de diffusion publique ( la diffamation en l’espèce), la responsabilité des directeurs de publication, co-directeurs, producteurs, éditeurs ou gérants doit d’abord être recherchée. A défaut, celle des auteurs ; puis des directeurs d’entreprises d’impression, d’enregistrement, de reproduction ou de diffusion de quelque nature qu’elle soit ; puis celle des vendeurs, afficheurs, ou distributeurs pourra être recherchée.

Aussi, nous dit l’article 270 du code pénal, les importateurs, exportateurs ou transitaires qui auront participé sciemment aux dites infractions pourront être poursuivies directement comme auteurs principaux.

S’agissant de la peine, celle-ci varie selon la qualité de la personne diffamée. Ainsi, lorsque la diffamation est faite envers les Cours et Tribunaux, l’armée ou un agent de l’autorité publique, la peine encourue est de quatre à deux ans d’emprisonnement et de 200000 mille francs à 1500000 francs d’amende ou une seule des deux peines. La diffamation dirigée contre un particulier est passible de trois mois à un an d’emprisonnement et de 100000 francs à 1000000 francs ou de l’une de ces peines.

Minata SARR

Doctorante en droit privé

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